{"id":42,"count":3,"description":"<i><b>UNE (RE)VISION DE L\u2019\u0152UVRE DE PETER ST\u00c4MPFLI\r\nDes objets \u00e0 l\u2019abstraction<\/b><\/i>\r\n\r\nCertaines des peintures de Peter St\u00e4mpfli sont habitu\u00e9es \u00e0 faire des entr\u00e9es spectaculaires partout o\u00f9 elles vont. Ce fut le cas en 1970 de Polyester Cord, une \u0153uvre de six m\u00e8tres de long, traversant en barque la lagune de Venise jusqu\u2019aux Jardins de la Biennale, sous les regards curieux de ceux qui la virent entrer dans le b\u00e2timent que l\u2019architecte Bruno Giacometti avait con\u00e7u pour le Pavillon de la Suisse.\r\n\r\nPolyester Cord ou Cavallino, qui peuvent se vanter aussi bien de leur largeur que de leur hauteur, sont deux des ic\u00f4nes de la Fundaci\u00f3 St\u00e4mpfli, accompagn\u00e9es des trente et une autres \u0153uvres qui r\u00e9sument l\u2019\u00e9volution de sa trajectoire artistique.\r\n\r\n<strong>Salle A<\/strong>\r\nDans la Salle A sont expos\u00e9es des \u0153uvres des ann\u00e9es 1960, lorsque St\u00e4mpfli utilisa des images de la rue pour \u00e9laborer un dictionnaire personnel \u201cd\u2019objets et de gestes de la vie quotidienne\u201d.\r\n<ul>\r\n \t<li>Gestes : se promener en imperm\u00e9able, lire un journal du matin ou porter une tasse de caf\u00e9 aux l\u00e8vres.<\/li>\r\n \t<li>Objets : les l\u00e9gumes pour faire un bouillon, le volant d\u2019une voiture, une tomate, une roue avant avec garde-boue.<\/li>\r\n \t<li>Images : grands formats, compositions simples et photographiques, couleurs vives immobilis\u00e9es dans le vide, signes triviaux sortis de leur contexte, peinture \u00e0 l\u2019huile.<\/li>\r\n<\/ul>\r\nAvant de quitter la salle, une \u0153uvre sur le mur du fond, Wildcat n\u00ba 2, celle de la roue avec garde-boue qui tourne l\u00e9g\u00e8rement vers nous, nous avertit qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une peinture comme les autres, qu\u2019\u00e0 partir d\u2019elle tout a commenc\u00e9 \u00e0 changer.\r\n\r\n<strong>Salle B<\/strong>\r\nEt quel changement ! Le temps de descendre \u00e0 la Salle B, on constate que l\u2019on entre dans un autre monde. L\u2019objet et la couleur ont disparu ; seuls subsistent les noirs et les gris dans le royaume du pneu. Seul le pneu et sa g\u00e9om\u00e9trie, symbole et mythe moderne de la m\u00e9canisation.\r\n\r\nUn espace domin\u00e9 par Polyester Cord et Cavallino, entour\u00e9s d\u2019autres \u0153uvres de dimensions et de techniques diverses : huiles, dessins au fusain et \u00e0 la mine de plomb, sculptures, reliefs et empreintes. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 ne pas se limiter \u00e0 un regard d\u2019ensemble \u00e0 distance. Il convient de s\u2019approcher et de constater que ces deux \u0153uvres principales, d\u2019aussi grandes dimensions, r\u00e9sultent de la r\u00e9p\u00e9tition de petites formes g\u00e9om\u00e9triques de base.\r\n\r\nLe constater nous permet de d\u00e9couvrir d\u2019autres \u0153uvres, apparemment plus modestes, o\u00f9 la forme ext\u00e9rieure du pneu a disparu. Ce qu\u2019il en reste, ce sont de simples images abstraites form\u00e9es uniquement d\u2019\u00e9l\u00e9ments g\u00e9om\u00e9triques semblables \u00e0 une construction \u00e9l\u00e9mentaire, directement apparent\u00e9e au minimalisme. Du monde r\u00e9el ne subsistent que quelques noms \u00e9nigmatiques, M + S Contact, par exemple, qui ne sont rien d\u2019autre que les noms m\u00eames des mod\u00e8les qui l\u2019ont inspir\u00e9.\r\n\r\nLa disparition de tout indice de figuration est encore plus nette dans une autre \u0153uvre proche : 195 VR 14 (1975). C\u2019est une grande \u0153uvre carr\u00e9e, de trois m\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9, \u00e9galement construite \u00e0 partir de signes g\u00e9om\u00e9triques \u00e9l\u00e9mentaires, des unit\u00e9s presque unicellulaires qui s\u2019organisent en bandes horizontales noires suivant le rythme et la logique de la r\u00e9p\u00e9tition.\r\n\r\n<strong>Salle C<\/strong>\r\nDans la Salle C, un autre changement inattendu. La recherche continue de Peter St\u00e4mpfli sur de nouvelles possibilit\u00e9s picturales encore inexplor\u00e9es d\u00e9bouche, \u00e0 partir de 1990, sur une spectaculaire renaissance de la couleur. La rigoureuse g\u00e9om\u00e9trie de formes que l\u2019on ne peut que vaguement rattacher \u00e0 une d\u00e9rivation du pneu est inond\u00e9e de champs chromatiques particuliers, vifs et plats : rouges, oranges, jaunes, noirs, bleus, qui jouent avec notre regard pour inspirer notre imagination.\r\n\r\nLa r\u00e9f\u00e9rence au monde de la repr\u00e9sentation a d\u00e9finitivement disparu, tandis que les \u0153uvres de la salle nous permettent d\u2019explorer l\u2019\u00e9clat des nuances de la peinture \u00e0 l\u2019huile, de la peinture acrylique, de l\u2019aquarelle et du pastel. Depuis 1963, nous avons travers\u00e9 un pont qui, au long de pr\u00e8s de quarante ans, nous a conduits du monde banal des objets de la vie quotidienne \u00e0 la radicalit\u00e9 de l\u2019abstraction, d\u00e9mentant l\u2019incompatibilit\u00e9 entre formalisme et repr\u00e9sentation.","link":"https:\/\/www.fundacio-stampfli.org\/fr\/estat\/permanent\/","name":"Permanent","slug":"permanent","taxonomy":"estat","parent":0,"meta":[],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.8 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Archives des Permanent - Fundaci\u00f3 St\u00e4mpfli<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.fundacio-stampfli.org\/fr\/estat\/permanent\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Archives des Permanent - Fundaci\u00f3 St\u00e4mpfli\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"UNE (RE)VISION DE L\u2019\u0152UVRE DE PETER ST\u00c4MPFLI Des objets \u00e0 l\u2019abstraction Certaines des peintures de Peter St\u00e4mpfli sont habitu\u00e9es \u00e0 faire des entr\u00e9es spectaculaires partout o\u00f9 elles vont. Ce fut le cas en 1970 de Polyester Cord, une \u0153uvre de six m\u00e8tres de long, traversant en barque la lagune de Venise jusqu\u2019aux Jardins de la Biennale, sous les regards curieux de ceux qui la virent entrer dans le b\u00e2timent que l\u2019architecte Bruno Giacometti avait con\u00e7u pour le Pavillon de la Suisse. Polyester Cord ou Cavallino, qui peuvent se vanter aussi bien de leur largeur que de leur hauteur, sont deux des ic\u00f4nes de la Fundaci\u00f3 St\u00e4mpfli, accompagn\u00e9es des trente et une autres \u0153uvres qui r\u00e9sument l\u2019\u00e9volution de sa trajectoire artistique. Salle A Dans la Salle A sont expos\u00e9es des \u0153uvres des ann\u00e9es 1960, lorsque St\u00e4mpfli utilisa des images de la rue pour \u00e9laborer un dictionnaire personnel \u201cd\u2019objets et de gestes de la vie quotidienne\u201d. Gestes : se promener en imperm\u00e9able, lire un journal du matin ou porter une tasse de caf\u00e9 aux l\u00e8vres. Objets : les l\u00e9gumes pour faire un bouillon, le volant d\u2019une voiture, une tomate, une roue avant avec garde-boue. Images : grands formats, compositions simples et photographiques, couleurs vives immobilis\u00e9es dans le vide, signes triviaux sortis de leur contexte, peinture \u00e0 l\u2019huile. Avant de quitter la salle, une \u0153uvre sur le mur du fond, Wildcat n\u00ba 2, celle de la roue avec garde-boue qui tourne l\u00e9g\u00e8rement vers nous, nous avertit qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une peinture comme les autres, qu\u2019\u00e0 partir d\u2019elle tout a commenc\u00e9 \u00e0 changer. Salle B Et quel changement ! Le temps de descendre \u00e0 la Salle B, on constate que l\u2019on entre dans un autre monde. L\u2019objet et la couleur ont disparu ; seuls subsistent les noirs et les gris dans le royaume du pneu. Seul le pneu et sa g\u00e9om\u00e9trie, symbole et mythe moderne de la m\u00e9canisation. Un espace domin\u00e9 par Polyester Cord et Cavallino, entour\u00e9s d\u2019autres \u0153uvres de dimensions et de techniques diverses : huiles, dessins au fusain et \u00e0 la mine de plomb, sculptures, reliefs et empreintes. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 ne pas se limiter \u00e0 un regard d\u2019ensemble \u00e0 distance. Il convient de s\u2019approcher et de constater que ces deux \u0153uvres principales, d\u2019aussi grandes dimensions, r\u00e9sultent de la r\u00e9p\u00e9tition de petites formes g\u00e9om\u00e9triques de base. Le constater nous permet de d\u00e9couvrir d\u2019autres \u0153uvres, apparemment plus modestes, o\u00f9 la forme ext\u00e9rieure du pneu a disparu. Ce qu\u2019il en reste, ce sont de simples images abstraites form\u00e9es uniquement d\u2019\u00e9l\u00e9ments g\u00e9om\u00e9triques semblables \u00e0 une construction \u00e9l\u00e9mentaire, directement apparent\u00e9e au minimalisme. Du monde r\u00e9el ne subsistent que quelques noms \u00e9nigmatiques, M + S Contact, par exemple, qui ne sont rien d\u2019autre que les noms m\u00eames des mod\u00e8les qui l\u2019ont inspir\u00e9. La disparition de tout indice de figuration est encore plus nette dans une autre \u0153uvre proche : 195 VR 14 (1975). C\u2019est une grande \u0153uvre carr\u00e9e, de trois m\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9, \u00e9galement construite \u00e0 partir de signes g\u00e9om\u00e9triques \u00e9l\u00e9mentaires, des unit\u00e9s presque unicellulaires qui s\u2019organisent en bandes horizontales noires suivant le rythme et la logique de la r\u00e9p\u00e9tition. Salle C Dans la Salle C, un autre changement inattendu. La recherche continue de Peter St\u00e4mpfli sur de nouvelles possibilit\u00e9s picturales encore inexplor\u00e9es d\u00e9bouche, \u00e0 partir de 1990, sur une spectaculaire renaissance de la couleur. La rigoureuse g\u00e9om\u00e9trie de formes que l\u2019on ne peut que vaguement rattacher \u00e0 une d\u00e9rivation du pneu est inond\u00e9e de champs chromatiques particuliers, vifs et plats : rouges, oranges, jaunes, noirs, bleus, qui jouent avec notre regard pour inspirer notre imagination. La r\u00e9f\u00e9rence au monde de la repr\u00e9sentation a d\u00e9finitivement disparu, tandis que les \u0153uvres de la salle nous permettent d\u2019explorer l\u2019\u00e9clat des nuances de la peinture \u00e0 l\u2019huile, de la peinture acrylique, de l\u2019aquarelle et du pastel. 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Ce fut le cas en 1970 de Polyester Cord, une \u0153uvre de six m\u00e8tres de long, traversant en barque la lagune de Venise jusqu\u2019aux Jardins de la Biennale, sous les regards curieux de ceux qui la virent entrer dans le b\u00e2timent que l\u2019architecte Bruno Giacometti avait con\u00e7u pour le Pavillon de la Suisse. Polyester Cord ou Cavallino, qui peuvent se vanter aussi bien de leur largeur que de leur hauteur, sont deux des ic\u00f4nes de la Fundaci\u00f3 St\u00e4mpfli, accompagn\u00e9es des trente et une autres \u0153uvres qui r\u00e9sument l\u2019\u00e9volution de sa trajectoire artistique. Salle A Dans la Salle A sont expos\u00e9es des \u0153uvres des ann\u00e9es 1960, lorsque St\u00e4mpfli utilisa des images de la rue pour \u00e9laborer un dictionnaire personnel \u201cd\u2019objets et de gestes de la vie quotidienne\u201d. Gestes : se promener en imperm\u00e9able, lire un journal du matin ou porter une tasse de caf\u00e9 aux l\u00e8vres. Objets : les l\u00e9gumes pour faire un bouillon, le volant d\u2019une voiture, une tomate, une roue avant avec garde-boue. Images : grands formats, compositions simples et photographiques, couleurs vives immobilis\u00e9es dans le vide, signes triviaux sortis de leur contexte, peinture \u00e0 l\u2019huile. Avant de quitter la salle, une \u0153uvre sur le mur du fond, Wildcat n\u00ba 2, celle de la roue avec garde-boue qui tourne l\u00e9g\u00e8rement vers nous, nous avertit qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une peinture comme les autres, qu\u2019\u00e0 partir d\u2019elle tout a commenc\u00e9 \u00e0 changer. Salle B Et quel changement ! Le temps de descendre \u00e0 la Salle B, on constate que l\u2019on entre dans un autre monde. L\u2019objet et la couleur ont disparu ; seuls subsistent les noirs et les gris dans le royaume du pneu. Seul le pneu et sa g\u00e9om\u00e9trie, symbole et mythe moderne de la m\u00e9canisation. Un espace domin\u00e9 par Polyester Cord et Cavallino, entour\u00e9s d\u2019autres \u0153uvres de dimensions et de techniques diverses : huiles, dessins au fusain et \u00e0 la mine de plomb, sculptures, reliefs et empreintes. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 ne pas se limiter \u00e0 un regard d\u2019ensemble \u00e0 distance. Il convient de s\u2019approcher et de constater que ces deux \u0153uvres principales, d\u2019aussi grandes dimensions, r\u00e9sultent de la r\u00e9p\u00e9tition de petites formes g\u00e9om\u00e9triques de base. Le constater nous permet de d\u00e9couvrir d\u2019autres \u0153uvres, apparemment plus modestes, o\u00f9 la forme ext\u00e9rieure du pneu a disparu. Ce qu\u2019il en reste, ce sont de simples images abstraites form\u00e9es uniquement d\u2019\u00e9l\u00e9ments g\u00e9om\u00e9triques semblables \u00e0 une construction \u00e9l\u00e9mentaire, directement apparent\u00e9e au minimalisme. Du monde r\u00e9el ne subsistent que quelques noms \u00e9nigmatiques, M + S Contact, par exemple, qui ne sont rien d\u2019autre que les noms m\u00eames des mod\u00e8les qui l\u2019ont inspir\u00e9. La disparition de tout indice de figuration est encore plus nette dans une autre \u0153uvre proche : 195 VR 14 (1975). C\u2019est une grande \u0153uvre carr\u00e9e, de trois m\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9, \u00e9galement construite \u00e0 partir de signes g\u00e9om\u00e9triques \u00e9l\u00e9mentaires, des unit\u00e9s presque unicellulaires qui s\u2019organisent en bandes horizontales noires suivant le rythme et la logique de la r\u00e9p\u00e9tition. Salle C Dans la Salle C, un autre changement inattendu. La recherche continue de Peter St\u00e4mpfli sur de nouvelles possibilit\u00e9s picturales encore inexplor\u00e9es d\u00e9bouche, \u00e0 partir de 1990, sur une spectaculaire renaissance de la couleur. La rigoureuse g\u00e9om\u00e9trie de formes que l\u2019on ne peut que vaguement rattacher \u00e0 une d\u00e9rivation du pneu est inond\u00e9e de champs chromatiques particuliers, vifs et plats : rouges, oranges, jaunes, noirs, bleus, qui jouent avec notre regard pour inspirer notre imagination. La r\u00e9f\u00e9rence au monde de la repr\u00e9sentation a d\u00e9finitivement disparu, tandis que les \u0153uvres de la salle nous permettent d\u2019explorer l\u2019\u00e9clat des nuances de la peinture \u00e0 l\u2019huile, de la peinture acrylique, de l\u2019aquarelle et du pastel. 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