Salle B
1970-1990. De la roue au pneu. Le relief et l’empreinte
Peter Stämpfli
1970-1990. De la roue au pneu. Le relief et l’empreinte
À partir de 1970 et jusqu’en 1990, l’œuvre de Peter Stämpfli abandonne l’inventaire des objets et des gestes de la vie quotidienne pour se concentrer sur un seul thème, symbole et mythe moderne de la société mécanisée : le pneu et sa géométrie. La couleur disparaît, remplacée par des tons de noir et de gris ; les dimensions des œuvres s’élargissent, et les grands formats de peintures et de sculptures se projettent vers l’espace du spectateur.
Le contraste avec la première salle est total, et la domination des noirs et des gris crée une atmosphère dense et raréfiée. Deux œuvres de grand format se distinguent particulièrement : Polyester Cord (1970), avec laquelle Stämpfli représenta la Suisse à la Biennale de Venise cette année-là, et Cavallino (1972), qui figura parmi les œuvres de sa grande exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Deux toiles monumentales, de six mètres de large et deux de haut, découpées et montées sur des châssis suivant la forme du pneu. Cela fait que les œuvres se détachent légèrement du plan du mur, avançant dans l’espace du spectateur. Stämpfli avait déjà expérimenté cette manière de découper et de monter la toile (shaped canvas) dans l’œuvre Rouge Baiser, visible dans la salle A.
La troisième œuvre de grandes dimensions est 195 VR 14 (1975). Il s’agit d’un agrandissement d’un fragment du pneu original, avec une forme presque carrée d’environ trois mètres de côté, peinte avec deux tonalités de noir. La toile est occupée par des signes géométriques élémentaires, des unités simples presque unicellulaires qui s’organisent en bandes horizontales suivant le rythme et la logique de la répétition. Le résultat est la disparition de tout indice de figuration. Nous sommes déjà face à des images abstraites directement apparentées au minimalisme et au constructivisme.
À partir de cette époque, Stämpfli étend son œuvre dans diverses directions, en expérimentant avec différentes techniques et supports traditionnels : le dessin au fusain et à la mine de plomb sur papier. Il réalise également des sculptures et des reliefs, certains monumentaux, installés dans des espaces publics et ouverts, comme le montre cette salle : l’un d’eux est la petite maquette blanche préparatoire de Empreinte de pneu S 155, une empreinte de pneu de trente mètres de long sur trois de large, réalisée entre 1985 et 1990 au Parc du Petit-Leroy, dans le département du Val-de-Marne. Cette œuvre, propriété de l’État français, sera installée en 2026 dans le grand parc de sculptures de l’Île Seguin, sur la Seine, près de Paris.
La salle se complète avec deux versions de la sculpture 9 HDT 219 (1997), en polyester noir et blanc, ainsi que les projections des films Firebird (1969) et Ligne continue (1974).
