Pierre Buraglio

L’oeuvre

D’après… Auguste Radier (Le Grand Pin parasol)
2003
184 x 177,5 cm / 72,4 x 69,8 in.
Huile sur contreplaqué

Le titre de l’œuvre, « D’après… », fait référence à une série de dessins et de peintures de Buraglio réalisés à partir d’œuvres d’artistes du passé : Poussin, Cézanne, Gauguin et d’autres.
Auguste Ravier était un peintre paysagiste français du XIXe siècle, précurseur de l’impressionnisme, ami de Corot et d’Ingres, entre autres. Le Grand Pin Parasol est l’une des œuvres que Buraglio a choisie comme point de départ pour créer quelque chose de très différent. La décision préalable de l’artiste a été de travailler à partir d’une peinture existante comme s’il peignait devant la nature. Il ne prend pas comme motif naturel un paysage, une figure ou une vue urbaine, mais une peinture réalisée il y a plus de 100 ans par un autre artiste. Il ne cherche pas à reproduire une œuvre d’art, mais à en créer une autre. Pour ce faire, il sélectionne des parties de l’œuvre qui l’inspirent, les découpe et les recompose avec son propre langage plastique.

Pour ce faire, il sélectionne des parties de l’œuvre qui l’inspirent, les découpe et les recompose avec son propre langage plastique. L’œuvre se compose de deux parties formant un diptyque vertical : la partie supérieure, plus large, avec la grande couronne de l’arbre : une masse picturale verdâtre qui cache difficilement les branches-nerfs qui partent d’un grand nœud, mi-blessé, mi-matrice.
Nous soulignons l’aura bleutée qui l’entoure, comme si l’arbre avait capturé le reflet du ciel dans sa silhouette. La partie inférieure, avec un grand rocher clair, sur un terrain incliné vers la droite. Une figure, peut-être féminine, anonyme, de profil et dans l’ombre, s’appuie en levant le bras gauche qui dépasse de l’espace pictural. À gauche, la coupole d’une petite construction méditerranéenne se détache sur le fond.

L’artiste

(1939, Charenton-Le-Pont, França)

Actif sur la scène artistique française depuis plus de soixante ans, Pierre Buraglio fut l’un des moteurs de l’abstraction, inventant un style pictural sans pinceau fondé sur l’assemblage ou le détournement de matériaux composites ou manufacturés. Son approche créative l’assimile au mouvement Supports/Surfaces, né à la fin des années 1960 et formé par d’anciens élèves de l’École des Beaux-Arts de Montpellier et de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Sa série désormais classique D’après…, réalisée au crayon graphite, à l’encre de Chine ou à la peinture à l’huile depuis les années 1970, côtoie d’autres œuvres plus abstraites ou réalisées selon d’autres techniques, témoignant de son infatigable inventivité. Masquage, agrafage, découpage, collage et assemblage explorent son désir de rupture et de renouveau.
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