Christian Jaccard

Les œuvres

Boîte carton graphite contenant 24 outils graphités
1977
10 x 24 x 36 cm
Assemblage de produits végétaux et minéraux

Christian Jaccard, artiste qui a toujours travaillé avec le feu comme facteur créatif, nous montre dans cette œuvre des mèches sur le point d’être utilisées.
Cette œuvre doit être mise en relation avec une autre œuvre de Jaccard de la collection, la ‘Pièce blanche calcinée’. La lecture du commentaire qui l’accompagne peut compléter les informations dont le spectateur a besoin.
Il s’agit d’une œuvre monochrome avec la couleur sombre du charbon et sa texture visuelle. Il s’agit d’un ensemble formé d’une petite boîte en carton, à l’intérieur de laquelle se trouve un groupe de mèches. Le tout a été traité au graphite, un minéral composé presque entièrement de carbone. Ces mèches font partie des outils combustibles que Jaccard utilise souvent dans ses œuvres ; elles sont à lui ce qu’une boîte de pinceaux est à un peintre. Elles sont disposées de manière à pouvoir être allumées, mais elles sont immobilisées car elles ont été attachées les unes aux autres.

Pièce blanche calcinée
1984
287 x 190 cm
Combustion sur toile sans châssis

Jaccard a disposé des mèches faites de matériaux combustibles sur une grande toile blanche sans châssis, tendue sur le sol et convenablement préparée. Il les a allumées et ce que nous pouvons contempler sont les formes abstraites des traces et des effets du feu qui, aujourd’hui encore, 40 ans après la réalisation de l’œuvre, conservent à courte distance l’odeur caractéristique de la poudre.
Les formes créées par le feu étaient en grande partie imprévisibles, l’un des objectifs de la réalisation de l’œuvre étant justement l’intervention du hasard.

L’artiste

(Fontenay-sous-Bois, France, 1939)

Le feu, source de lumière et de chaleur, destructeur et créateur à la fois, a été l’un des grands thèmes de la tradition religieuse, poétique et artistique.
Jaccard n’utilise pas le feu comme une destruction chaotique, mais comme un outil contrôlé, gestuel, que l’on pourrait qualifier de calligraphique. Le geste technique, le processus de préparation et l’empreinte finale sont aussi importants que le résultat de l’œuvre. Dans ses expérimentations, il a utilisé non seulement du tissu, mais aussi du bois, du papier et des tissus.
Une autre facette de sa création est son travail avec des nœuds et des ligatures pour immobiliser des objets et des surfaces à l’aide de ficelles ou de cordes de différentes formes, dans une œuvre qui fait référence à la mémoire et à l’inévitable changement.