Claude Viallat

L’oeuvre

Sans titre n° 301
2007
212 x 65 cm
Acrylique sur rideau

Depuis 1963, Viallat utilise comme thème unique de sa création une forme simple qu’il a lui-même créée et qu’il répète au fil des ans.
Il s’agit de ce que l’on pourrait décrire comme un rectangle « mou » légèrement incliné, protagoniste ici, de couleur bleue avec une marge blanche, mais également présent de manière inlassable dans chacune de ses œuvres.
Par ce choix, il souhaitait abandonner la recherche de formes dotées de « signification ».
Le support traditionnel de la toile disparaît également. Il fixe ce rectangle particulier sur toutes sortes de supports « trouvés » : draps, toiles, parapluies, robes, tapis, au gré de ses trouvailles.
À partir de 1966, la toile est suspendue librement, sans châssis, non seulement au mur, mais aussi au plafond ou sur n’importe quelle surface ou espace.
Dans l’œuvre de Viallat qui fait partie de la collection, l’artiste répète la même forme, dans ce cas sur un morceau de rideau récupéré, car Viallat utilise toujours des matériaux de récupération. L’œuvre n’a pas de châssis et est suspendue directement au mur sans tension.

L’artiste

(Nimes, 1936)

Viallat cultive une composition simple et unique, presque rudimentaire, et retrouve ainsi l’économie ascétique des principes de la décoration primitive. En même temps, il confronte deux perceptions superposées, celle de la forme, marque de fabrique de Viallat, et celle des couleurs et des textures des vêtements qu’il a choisis et qui lui servent de support.
Viallat et les artistes du mouvement Support/Surface, auquel Viallat a adhéré, veulent que le spectateur prenne conscience des aspects qui, faisant partie de l’œuvre, ne retiennent généralement pas l’attention. Il s’agit de mettre en avant, de manière brute, tous les éléments qui constituent le fait pictural.
Support/Surface est né entre 1966 et 1969, dans le contexte expérimental des années 60. Ses membres, parmi lesquels Viallat mais aussi Daniel Dezeuze et Daniel Buraglio, dont la Fondation a l’honneur de posséder une œuvre de chacun, accordaient la même importance aux matériaux et aux gestes qu’au sujet.
Viallat lui-même déclare, Dezeuze peint des châssis sans toile et je peins des toiles sans châssis.