Salle A
1963-1970. Pop-Art et Figuration. L’objet et le geste quotidien
Peter Stämpfli
1963-1970. Pop-Art et Figuration. L’objet et le geste quotidien
Les œuvres exposées dans cette salle résument l’évolution de la première période de l’œuvre de Peter Stämpfli tout au long des années 60 du XXe siècle. Ce sont des représentations figuratives en grand format d’objets et gestes quotidiens isolés sur fond blanc ou monochrome. Cela couvre une période allant de Autoportrait au raglan de 1963 à Wildcat nº2 de 1970.
Après une courte étape d’essais entre 1959 et 1960, influencée par l’abstraction expressionniste américaine, Stämpfli ressentit profondément le besoin de retrouver la figuration dans la peinture. Il trouva son thème dans les objets et les gestes de la vie quotidienne des années 60, époque où la production et la distribution massive de biens de consommation définissaient la société. Il s’inspira des grands formats de la publicité et des langages des médias populaires.
Ce sont des portraits de gestes et d’objets qui s’éloignaient radicalement des émotions de l’expressionnisme. La main de l’artiste, sous forme de coups de pinceau ou de textures, est imperceptible. Les images, avec une grande force chromatique —par exemple, Pot-au-feu de 1963, Tomate ou Moka, toutes deux de 1964—, restent isolées et immobiles flottant sur un fond monochrome blanc et avec des compositions inspirées de la photographie. Stämpfli lui-même explique l’intention : élaborer « un dictionnaire d’objets et de gestes quotidiens » ; les abstraire de la banalité de la vie quotidienne et les porter dans l’atelier de l’artiste représentés à travers la technique manuelle propre à la grande tradition picturale : la peinture à l’huile.
Ce sont des œuvres qui soulignent les critères définissant la peinture moderne et qui faisaient l’objet de débats critiques à l’époque : le caractère bidimensionnel de l’œuvre d’art, son autonomie et son objectivité. Elles liquident, en les considérant dépassés, les binômes opposés et exclusifs qui, à cette époque, structuraient la peinture du XXe siècle : haute culture contre culture populaire, beaux-arts confrontés à la banalité quotidienne et, enfin, abstraction opposée à représentation.
Il convient de noter que Wildcat nº2 de 1970 (exposé dans cette salle), ainsi que son prédécesseur Wildcat nº1 de 1967, marquent le moment où Stämpfli a décidé du noyau fondamental de sa vie artistique jusqu’à aujourd’hui : après avoir centré son regard sur l’automobile, il l’a réduit à la roue et définitivement au pneu et à son dessin géométrique.
