Henri Cueco

Chiens Courants
1993
140 x 162 cm
Acrylique sur toile

L’oeuvre

Cette peinture acrylique fait partie de la série Chiens, peinte entre la fin des années 80 et le milieu des années 90.
Il s’agit d’une œuvre presque carrée, sur un fond blanc comme une grande feuille de papier. Elle représente les silhouettes découpées d’un même animal, un chien en pied et des parties de son anatomie, toutes courant vers la droite du spectateur. Le blanc et le noir dominent la toile, tandis qu’un grand axe diagonal gris fixe la composition, équilibrée par les têtes en haut à gauche et en bas à droite. Sept petites taches rouges dans la gueule ouverte de l’animal ajoutent une touche d’agressivité. De légères touches de jaune sale sur certaines pattes ajoutent un certain contexte à la course de l’animal.
Chaque partie du corps et chaque figure sont cataloguées à l’aide d’une minuscule lettre de référence et d’une numérotation qui établit un contraste entre l’accumulation dynamique et l’ordre établi, propre à l’objectivité d’un catalogue.

L’artiste

(Uzerche, Limousin, France, 1929 – París, 2017)

Henri Cueco est né à Uzerche, un village de la région du Limousin en Occitanie, en France, en 1929, sous le nom d’Henri Aguilella Cueco, de père valencien et de mère française. Il est décédé à Paris en 2017 à l’âge de 86 ans.
Dans les années 1950, Cueco a participé activement à la renaissance de la figuration, alors que l’abstraction commençait à s’affaiblir, tant en raison de son immobilisme face aux changements de la société française d’après-guerre que d’une tendance décorative et complaisante envers le goût établi dans la décennie précédente.
Cueco a fait partie du groupe de jeunes artistes qui ont repensé les problèmes du réel et de la signification dans l’art à un moment historique précis, celui des années 60. Il a participé à l’exposition Mythologies quotidiennes de 1964, qui a donné naissance au groupe de la Figuration Narrative.
Son engagement politique de gauche et en faveur du changement social s’est traduit par une participation remarquée au Salon de la Peinture Jeune de 1952 à 1963, en passant par l’Atelier Populaire de l’École des Beaux-Arts de Paris dans le cadre de la révolte de mai 1968.
Cette période s’achève en 1972 après la grande exposition « 1960-1972. Douze ans d’art contemporain en France ». Il a développé une peinture où la figuration s’engage politiquement en faveur de la nature, des relations entre les hommes et les femmes et des liens entre les différentes formes de langage, qu’il soit écrit, parlé, peint ou dessiné.
Artiste polyvalent, il était également scénariste, scénographe de théâtre et écrivain.