Ladislas Kijno
L’oeuvre
(Faite en collaboration avec Robert Combas)
Interférence, triptyque
2007
106 x 260 cm
Huile sur toile
Dans le domaine de l’art figuratif non réaliste, l’artiste polonais Ladislas Kijno, en collaboration avec Robert Combas, a réalisé plusieurs œuvres communes, dont celle-ci est un exemple.
Trois personnages féminins – ou peut-être l’évolution d’un même personnage – sont représentés de profil dans un style caricatural proche de celui de la bande dessinée.
Dans chacune d’elles, ce n’est pas seulement le visage de la protagoniste qui change, mais aussi le contenu de l’intérieur du corps, habité par des visages et des formes diverses.
Des peintres romantiques à Gauguin, Picasso et Dubuffet, de nombreux artistes ont été attirés par le primitivisme pour différentes raisons, que ce soit pour le thème, le style, la technique, ou les deux à la fois, comme dans le cas présent.
L’artiste
(1921, Varsovie, Pologne – 2012, Saint-Germain-en- Laye, France)
Ladislas Kijno est né à Varsovie en 1921. Il arrive en France en 1925 et réalise ses premières œuvres au début des années 1940, alors qu’il étudie la philosophie à l’université de Lille. Il a fondé le groupe Cadran en 1950 avec Paul Gay, et s’est consacré exclusivement à la peinture à partir de 1954. Il s’est installé à Paris en 1958. Kijno a été nommé membre du conseil d’administration du Salon de Mai (Paris).
Après ses premières œuvres, personnages et violons, qu’il revisite inlassablement au crayon ou à l’aquarelle, Kijno évolue vers l’abstraction. À la recherche de nouveaux modes d’expression, il expérimente sans cesse. À la fin des années 1940, il perfectionne la technique du papier froissé, puis celle de la toile froissée, donnant ainsi du relief à ses surfaces. Dès lors, cela deviendra une marque de fabrique, un style caractéristique dans l’œuvre de l’artiste. Ses explorations lui permettent de synthétiser les techniques traditionnelles de la peinture avec les découvertes industrielles, notamment dans le domaine de la vaporisation et des colorants.
Kijno se passionne également pour l’insertion de l’art dans l’environnement et se consacre à l’art mural, créant d’importantes mosaïques. Il collabore avec de nombreux poètes, après avoir rencontré Aragon et Ponge en 1943, et illustre un grand nombre d’ouvrages.
Ladislas Kijno a beaucoup travaillé en séries. Il a cherché sans relâche à abolir les divergences qui opposaient l’abstraction à la figuration, créant un univers personnel qui utilise des signes et des courbes et semble créer une mythologie moderne. Après sa première exposition personnelle au musée d’Antibes en 1957, son travail a été présenté dans plus d’une centaine d’expositions. L’art de Kijno est présent dans les collections de nombreux musées internationaux.