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Erró. L’œil planétaire

Erró

Erró. L’œil planétaire

Erró. L’œil planétaire est la première exposition que la Fundació Stämpfli consacre à un artiste de sa collection. Peintre reconnu internationalement, Erró a développé un langage personnel qui ironise sur la confusion du monde actuel. L’exposition présente dans les Espais 2 et 3 une sélection de peintures et de collages appartenant à certaines de ses séries les plus emblématiques telles que The Political Paintings, Le tour du monde de Mao, Les lettres d’amour japonais et Les femmes fatales. Ces œuvres mettent en évidence les principales caractéristiques de son travail, centré sur la manipulation de milliers d’images provenant des mass media, de la bande dessinée, de la publicité ou de l’histoire de l’art.

L’exposition s’inscrit dans le contexte de la collection permanente de la Fundació Stämpfli, qui compte parmi ses fonds un noyau important d’œuvres liées à la Figuration narrative, courant apparu à Paris dans les années 60 en réponse au pop art américain. L’Espai 1 réunit une sélection de peintures de quelques-uns de ses représentants les plus significatifs, tels qu’Eduardo Arroyo, Jacques Monory, Peter Stämpfli et Erró lui-même, entre autres.

Œuvres de la collection de la Fondation liées à la figuration

Les 11 artistes réunis dans cette salle partagent le même lien avec la peinture figurative, qu’il s’agisse d’images de la réalité stylisées, découpées et recomposées (Peter Klasen), de détails agrandis qui la transfigurent (Peter Stämpfli), de représentations rêvées (Jacques Monory), de thèmes sociaux (Antonio Seguí), d’une vision futuriste (Erró) ou de figures allégoriques (Bernard Rancillac).

‘The Political Paintings’

Habitué à travailler en séries thématiques, Erró réalisa au cours de plusieurs années les peintures de The Political Paintings (1967-1996), qui constituent une sorte d’épopée de notre histoire récente. Jouant avec l’accumulation écrasante d’images, Erró interroge la réalité afin d’offrir une perspective singulière sur certains des événements politiques et sociaux les plus significatifs de notre époque.

‘Le tour du monde de Mao’

Au début des années 70, Erró rassembla une importante documentation sur la propagande de la République Populaire de Chine, qui lui inspira l’une de ses séries les plus célèbres, dans laquelle il représente Mao dans différentes villes du monde. De ce travail naquirent des tableaux insolites où la juxtaposition d’images sans lien entre elles produit un choc visuel non dénué d’ironie.

‘Les femmes fatales’

En 1963, alors qu’il vivait à New York, Erró commença à incorporer la bande dessinée dans son œuvre, partageant ainsi avec les artistes du pop art leur intérêt pour la culture populaire. Depuis cette période, la bande dessinée est devenue une référence habituelle dans sa création. La série Les femmes fatales fait partie d’un hommage à la bande dessinée américaine, en particulier aux superwomen, mythe de la femme agressive de la civilisation occidentale.

‘Les lettres d’amour japonais’

Cette série d’huiles occupe une place singulière dans la carrière d’Erró, bien qu’elle soit en parfaite harmonie avec son intérêt pour la narration d’histoires à travers la peinture. En 1970, il fut fasciné par un ancien livre trouvé au Japon qui contenait des lettres et des photographies de jeunes couples. À partir de cette documentation, il réalisa une série d’huiles évoquant les relations d’amour et d’amitié entre ces héros mystérieux. Plus tard, il découvrit que leurs protagonistes étaient des intellectuels de premier plan qui, dans les années 1920, se rebellèrent contre la sclérose de la société nippone.

Los collages

Depuis le début de sa carrière, Erró est un virtuose du collage, qu’il réalise à partir d’une impressionnante documentation provenant de revues, de propagande politique, de catalogues, de bandes dessinées, de dictionnaires illustrés, etc. Dans la tradition des surréalistes, Erró invente des associations surprenantes en mélangeant des images sans lien apparent entre elles, de sorte que chaque composition provoque chez le spectateur une sorte de décharge électrique. Conçus comme des œuvres autonomes, ces collages lui servent également de modèles pour ses peintures.

Relation avec l’art

Erró a toujours entretenu des complicités étroites avec l’histoire de l’art, offrant dans ses tableaux une nouvelle lecture d’œuvres très connues, afin de créer des images percutantes et souvent subversives. Joan Miró, Henri Matisse et surtout Fernand Léger comptent parmi les artistes qui l’ont inspiré.